Le retour à la Maison Blanche de Trump a fait voler en éclats le vernis progressiste des barons californiens de la tech, au point que les commentateurs parlent de techno-fascisme. Cet autoritarisme revendiqué s'inscrit dans un mouvement global de repli réactionnaire des sociétés néolibérales. La lecture Organologique, au sens de B. Stiegler, de ces événements permet de montrer que l'impensé technique couplé à une double crise, sociale et écologique, des démocraties libérales a mené à cette volonté grandissante d'autoritarisme. Paradoxalement, la singularité du moment dit techno-fasciste est qu'il nous oblige à penser ensemble la technique et le politique puisque ce sont les technologies numériques portées par ces dirigeants réactionnaires qui permettent l'industrialisation de la société et des individus.
Numéro : Techno-fascisme ?
Techno-... quoi ?
Dans cet article, Giuseppe Longo critique le réflexe d'appeler « ... fasciste » chaque tournant ou régime autoritaire, en reprenant l'histoire du fascisme et du néolibéralisme et en rappelant le contexte techno-social particulier qui est le nôtre.
Appel à réflexions autour du "techno-pouvoir"
Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir aux États-Unis et l'alignement spectaculaire de la Big Tech sur sa politique réactionnaire et autoritaire, on parle de plus en plus de "techno-fascisme1" pour essayer de qualifier ce qui se déroule actuellement, sous nos yeux ébahis et nos scrolling impuissants. Si le salut nazi d'Elon Musk est l'image la plus frappante de ce que l'on pourrait nommer ainsi, du...